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  • Ronan Boussicaud

Comment les rumeurs naissent et se propagent sur Internet ?

Mis à jour : mai 4

« Désigner nommément le mal, c’était le faire exister, en rechercher la cause, c’était avouer son inquiétude, s’exposer aux rumeurs ». Franck Pavloff.


Ahhhh les fake news, les infos/toxs en avant premières, les scandales, les légendes urbaines, les secrets bien gardés, les théories du complot. Les fils d’actualités de nos téléphones sont remplis de scoops, de titres “putaclic” pour provoquer de like, du trafic. Une célébrité morte avant l’heure. Une 5G responsable de la transmition du covid ? Des leaks confidentiels sur des forums. Les rumeurs font partie intégrante de l’information, surtout quand elles passent par le numérique.


Logique. Les gens souhaitent toujours au fait de la toute dernière news. Quoi t’es pas au courant ? Les informations vont parfois plus vite que le raisonnement des internautes. Penser aux conséquences avant de vouloir vérifier la véracité de l’info. N'importe qui peut "commenter" une actualité comme bon lui semble. Pourtant tout le monde s’accorde sur la nécessité de prendre du recul sur ce que l’on peut entendre et lire.

Mais c’est plus fort que nous. Si les internautes savent parfois démêler le vrai du faux, les gens ne retiennent souvent qu’une version romancée de l’histoire, et ce même si la rumeur a été désavouée factuellement entre temps. Et la rumeur laisse toujours des traces. Irrésistiblement, elle excite les imaginaires et créer un sentiment d’urgence pour partager la news au plus grand nombre. Prévenir pour faire son acte citoyen. Si j’ai appris la news d’un media que je connais, aucune raison de penser que cela puisse être faux. Les confidences et autres révélations occupent donc une place toute particulière dans l’attention des internautes. Car même si nous n’avons jamais eu autant de temps de cerveau disponible et autant d’accès à l’information, l’être humain reste toujours plus séduit par l’idée que l’on puisse lui cacher des choses VS l’idée d’une réalité moins romanesque. Elles renvoient à la notion de confidentialité, et à la volonté d’éclaircir des zones d’ombres, de ne pas rester dans le secret et le mystère. Mais comment se forme et se développe une rumeur ? Dans quels buts des rumeurs peuvent-elles être créées et relayées ? Comment couper court à une rumeur ? La viralité sert-elle la circulation d’informations ou nuit-elle à la perception que l’on en a ?

Qu’est-ce qu’une rumeur ?

La rumeur désigne dans le langage populaire une information qui rencontre une certaine médiatisation. Étymologiquement, « Rumor » signifie en latin bruit qui court, bruits vagues, opinions courantes. La généalogie de ce terme désigne donc une supputation qui émane d’une foule. La rumeur n’a pas attendu l’arrivée du web pour faire parler d’elle. Pourtant, l’évolution des canaux communicationnels a accéléré sa vitesse de propagation au-delà des frontières physiques. Pire, la crédibilité de la source n’est plus un facteur impérieux. N’importe qui peut-être à l’origine d’une rumeur qui va être reprise.

Souvent sulfureuse car inattendue ou extrême, cette information passant de bouches à oreilles se démarque d’une information factuelle dans le fait qu’elle n’est pas vérifiée. D’après le psychologue R. Knapp, il s’agit d’une « déclaration destinée à être crue, se rapportant à l’actualité et répandue sans vérification » .

La force des rumeurs réside donc dans l’attraction qu’elles engendrent, et dans les suppositions qu’elles cultivent. "Elles flattent les angoisses et désirs inconscients pour créer des chemins préférentiels" comme le précisait le sociologue Edgar Morin. La rumeur naît, existe et circule en toute impunité pour composer un tableau psychosocial, peint par un phénomène de contagion sociale. C’est donc une porte ouverte aux spéculations les plus farfelues, et surtout à des croyances erronées pouvant porter préjudice à la réputation d’une entreprise.


En 1990, Rouquette développe un modèle qu’il appelle "le syndrome de rumeur". Dans ce cadre, il délimite 4 composantes essentielles des rumeurs :

  • L’implication : les individus qui relaient la rumeur sont la plupart du temps concernés par ce qu'ils véhiculent. La rumeur se rapporte souvent à l’environnement social de l’individu, ce qui le pousse à en parler autour de lui.

  • L’attribution : le discours qui est rapporté dans une rumeur n’est pas la signalisation d’une information, mais le compte-rendu de cette signalisation. En ce sens, la réappropriation d’une actualité s’avère être un témoignage subjectif. La rumeur n’est au final qu’un discours rapporté qui intègre des composants personnels et que l’on ne peut vérifier en l’état.

  • La négativité : les rumeurs sont rarement de bonne augure. Elles désignent dans la plupart des situations de menace ou de polémique pour prévenir autrui d’un danger éventuel. Le partage confère ainsi une sensation de service rendu, d’altruisme. Les rumeurs pointant du doigt de bonnes nouvelles restent minoritaires, car elles témoignent rarement d’un état d’alerte pouvant absorber l’attention et créer une émulation à ce sujet.

  • L’instabilité : l’information est malléable puisqu’elle est confrontée à l’interprétation des individus qui la reçoivent. Lors de la formation d’une rumeur, chaque individu va consciemment ou non déformer ce qu’il a vu ou entendu, soit par des ajouts (conscients ou non), soit pas des oublis (volontaires ou réfléchis)


Face à ses caractéristiques, on comprend que, comme pour une campagne publicitaire qui “buzz”, la rumeur a besoin de ces traits identitaires pour subsister. Car le propre d’une rumeur est de se répandre comme une traînée de poudre. Portée par le relais presque robotique des individus, elle constitue un fil inflammable qui peut conduire à une explosion si le contexte allume l’étincelle de trop.

Comment se forme et se consolide une rumeur ?

Une information ne naît pas rumeur, elle le devient. Comme on vient de le voir, sa création et sa prolifération requièrent la présence de prérequis. Mais son succès sous-tend également la présence d’éléments déclencheurs. La rumeur dépend en ce sens du contexte social. Rouquette soutient d’ailleurs que la rumeur ne peut devenir féconde que si le climat social est propice à sa gestation. Le plus souvent, la « population » d’une rumeur représente un public qui partage des connaissances et des attentes communes à un instant T. Il est intéressant de noter que ces contextes peuvent même annihiler les différences intergoupales. Des communautés opposées peuvent de ce fait se rejoindre par l’intermédiaire d’une rumeur, car cette dernière répond à des thématiques partagées réciproquement.


Afin de mieux comprendre le fonctionnement d’une rumeur en bas âge, les psychologues Allport et Postman ont travaillé sur l’évolution d’un message lors de sa transmission. Pour ce faire, ils ont réalisé une expérience très simple. Des sujets tests ont observé un dessin et ont dû le rapporter à une autre personne.. Ainsi de suite. À la fin de la procédure, on observe qu’après chaque relais, l’information subit des distorsions. Selon l’expérience, le message prend même une forme définitive au bout du 7ème relais. Finalement, l’information se transforme vite en une rumeur. Le message semble devoir trouver une forme définitive simplifiée, stable et suffisamment solide pour être partagée de façon mécanique et fidèle.

Cette expérience nous renseigne sur 3 mécanismes inhérents à la formation d’une rumeur :

  • Un effet de réduction : l’information tend à se raccourcir pour supprimer les détails et ne garder qu’une forme simple à reproduire.

  • Un effet d’accentuation : les éléments de l’information jugés centraux sont préservés et restent prédominants. La structure « qui, que, quoi est mise en avant ».

  • Un effet d’assimilation : les premiers relais s’effectuent selon le système de valeurs et les croyances de la personne qui ingère l’information.


Le psychologue Bartlett à quant à lui mis en évidence le phénomène de la « reproduction serielle ». Toujours dans une optique d’une retranscription d’une information, il met en lumière la prédominance de notre subjectivité dans la transmission d’un message, conduisant à une normalisation culturelle inconsciente. En le partageant, nous l’adaptons généralement pour le rendre compatible avec notre propre perception de l’environnement. La forme ou le fond du message peut ainsi évoluer selon les relais, et induire en erreur. Toutefois, une fois qu’une forme stable est trouvée, ces modifications disparaissent. Le dessin ne va donc plus évoluer, car il correspond à une information facile à intégrer et retranscrire à grande échelle.

Ces aspects de réduction, d’accentuation et d’assimilation constituent la consolidation de la rumeur. Ils la rendent plus solide, résistante et donc plus apte à être diffusée. Un jeu de dupe qui donne petit à petit raison à tort et à travers à la rumeur, et qui rend toute tentative d’éradication par l’entreprise contestable. Car lorsque la rumeur est à son paroxysme, les démentis peuvent être perçus comme des aveux, la confirmation qu’il y a bien un problème. Car la rumeur se dote d’un effet de primeur qui créer un biais de confirmation. Nous accordons plus d’importance aux informations qui corroborent notre hypothèse et atténuons les arguments voulant la contrer.

Notons également que les rumeurs peuvent voir le jour consécutivement à un climat anxiogène, voire à une réputation de marque. Les rumeurs témoignent dans ce cas de la persistance des incertitudes et des angoisses des communautés. « La rumeur pousse comme une mauvaise herbe après un incendie de forêt », écrivait l’auteur Moses Isegawa. En résumé, la rumeur peut être la cause d’un scandale, mais aussi former des répliques sismiques par la suite.

Les internautes comme instigateurs officieux

L’objectif avec les renseignements confidentiels réside à les avoir avant les autres. C’est pourquoi les journalistes et chroniqueurs sont friands de scoops et de révélations qui valent leur pesant de cacahuètes. L’assurance de booster les audiences et de faire saliver les éditeurs en mal de polémiques. Ah bon on invite tous les personnes sous le feux des critiques chez TPMP ? En même temps les gens regardent donc..


Même les détracteurs de ces pratiques peu déontologiques sont eux-mêmes devenus, par la force des choses, de vrais « consoacteurs » pouvant devenir les initiateurs de rumeurs. Moi le premier j’imagine.

Certains individus sont d’ailleurs plus susceptibles de rechercher des informations là où il n’y en a pas forcément quand le sujet les passionne. Ils sont à l’affût de la moindre fuite à se mettre sous la dent pour partager la nouvelle à leur réseau. “Une vidéo qui a fuitée sur le nouveau trailer du prochain jeu de chez Rockstar ? Je veux voir”. Leur impatience peut provoquer une curiosité exacerbée qui va facilité la crédibilité de l’information. En gros si on a envie d’y croire, on y croira plus facilement. Et on le partagera plus facilement. Trois chercheurs américains du MIT ont d'ailleurs étudiés pas moins de 126K histoires diffusées sur Twitter sur une période de 10 ans. Leur étude prouve que le faux se diffuse six fois plus vite et dispose d'un capital de viralité plus important que le vrai/factuel. Cela n'est donc pas imputable aux seuls bots. Nous sommes les vecteurs de diffusions d'intox car elles nous fascinent. Et nous semblent plus désirables qu'une vérité moins sexy. Et ces mécanismes intuitifs de notre esprit nous détournent du bon sens. C'est ce que l'on appelle la loi de bradolini qui dit que "la quantité d'énergie nécessaire à réfuter des idioties est supérieure à celle qu'il faut pour les produire".


Alors oui les rumeurs circulant sur les médias sociaux font de plus en plus l’objet de vérifications de la part des internautes. Face à aux "hoaxs", un mouvement de solidarité peut faire de la résistance, lorsque ce sont les internautes eux-mêmes qui désamorcent les rumeurs. Un acte d’entraide et de modération pour démêler le vrai du faux.

Mais malgré cette surveillance collective, nos biais cognitifs résistent et certaines informations passent toujours entre les mailles du filet. Car plus nous faisons face à une information, même fausse, et plus nous avons l'impression qu'elle est vrai. C'est l'effet de réitération ou de la réalité illusoire.

Au final, l’information biaisée est perpétuellement connue d’une majorité, mais les faits avérés le sont par une minorité. Ce qui est déplorable, c’est que même si la supercherie est démasquée, les effets néfastes que la rumeur porte en elle peuvent déjà avoir agi. Un climat pesant de suspicion et une perte de la confiance s'installent.

Car les éléments fondateurs des rumeurs (faux témoignages et montages photos, etc.) sont couramment perçues comme des composants de la réalité. Les informations ne suivent donc plus la courbe de Gausse (courbe d’équation cartésienne représentant une évolution dite « normale »), mais un maintien crescendo de ces croyances infondées, jusqu’à l’arrivée d’un point de rupture (preuve de la supercherie ou lassitude face à l’information). Parfois, même la science ne peut rien face à la croyance. Saviez-vous que le premier congrès international des platistes (la terre est plate oui oui) a eu lieu En 2018 ?

Les médias comme promoteurs officiels

Les médias classiques comme la presse, ou les professionnels comme les journalistes, naviguent dans le même océan que n’importe quel internaute. Auparavant les seuls informateurs officiels de l’actualité, l’arrivée de plateformes comme Twitter les ont forcé à prendre la parole avec les mêmes outils que les internautes lambda. L’accès à l’information a évolué et ils ne sont plus les premiers à prendre connaissance d’une information. Néanmoins les médias traditionnels conservent symboliquement un rôle de référents dans l’inconscient collectif. Leurs publications procèdent ainsi régulièrement à une officialisation de l’information aux yeux du grand public. Une information n’aura évidemment pas le même poids si elle provient du site d’un blogueur inconnu ou du site d’un quotidien Français.

Pourtant, face à une exigence d’immédiateté et de réactivité due à l’agitation grandissante d’une rumeur, les medias n’ont pas le temps de préparer des reportages chiadés, ce qui peut conduire à la rédaction d’un article en deux coups de cuillère à pot pour s’installer comme un relais de poids dans la transmission de cette nouvelle trendy. Cette politique d’empressement peut en ce sens provoquer des fautes contre nature, avec des journalistes qui peuvent ne pas prendre le temps de vérifier les sources des informations qu’ils créent et relaient (alors qu’il est de leur responsabilité d’informer les lecteurs par des informations fiables).


Heureusement, tous les médias reconnus ne prennent pas toujours la parole hâtivement. Certains préfèrent attendre pour prendre du recul et apporter une analyse de fond sur le parcours de la rumeur, ce qui leur confère du trafic et de la crédibilité. Mieux vaut parfois éviter l’excitation des premiers instants pour ne pas pervertir sa vision des choses. Notre perception est toujours meilleure lorsque nous avons toutes les pièces du puzzle. Prendre du recul pour une meilleure objectivité, et ce même si l’opinion publique a déjà cristallisé dans sa tête un souvenir qui n’est pas le bon.


Le piège pour les prescripteurs d’opinions comme les médias ou les influenceurs reconnus est qu’il faut éviter de privilégier l'affirmative au conditionnel avec les rumeurs. Tant que les faits ne sont pas vérifiés, il vaudrait mieux indiquer la dimension officieus avant de Twitter. Dans les faits, cette directive est rarement respectée (une faute pas toujours volontaire, mais qui n’est pas sans rappeler certaines manipuation des medias. Si bien que d’un œil extérieur, l’information paraît crédible et fiable à tous et pour tous.

Pourquoi lancer une rumeur ?

La curiosité est un vilain défaut, mais la diffamation en est un autre. Dans la quête de sensationnalisme ambiante, le manque de scandales peut même provoquer une volonté d’en chercher un, voire d’en confectionner un de ses propres mains, même s’il s’avère volontairement infondé. Des canulars informatiques ou « hoax » peuvent alors apparaître pour capter l’attention ou sensibiliser les consommateurs autour d’un sujet précis. De vrais leurres déguisés en amuse-gueules pour les internautes trop candides. Parfois une simple envie d’entertainment.

Alors, pourquoi créer une rumeur ou un hoax ? Si les motivations intrinsèques sont très variables, on note toutefois une volonté récurrente de combler un manque, de répondre à une attente oppressante. Lorsque l’annonce d’un produit comme le nouvel iPhone commence à circuler sur la toile, un monceau d’articles et de photos soi-disant volées nous en font voir de toutes les couleurs. Lorsque les gens sont vraiment pressés, les pronostics sont légion.


En outre, certains thèmes favorisent grandement la prolifération d’une information calomnieuse. Par exemple, si un contenu évoque des thématiques liées à la vaccination (suivez-mon regard..) ou la sécurité, l'émotion suscitée par la réaction des internautes accélère grandement le processus de viralisation. Le cas échéant, la rumeur est relatée à la chaîne si le moindre risque est suspecté, même si aucune preuve irréfutable n’a été démontrée. Cet acte instinctif se légitime souvent à travers une volonté d’alerter son réseau. Notre bonne conscience nous guide alors pour bondir le torse bombé et aider son prochain par du “bouche-à-boucheoreille”.

D’autre part, il faut préciser qu’écrire sur le web empêche souvent la compréhension de la tonalité du discours. L’ironie peut de ce fait être perçue comme une affirmation et générer un quiproquo à grande échelle.

Comment se prémunir des rumeurs ?

Si dans le milieu judiciaire, la présomption d’innocence prévaut, sur la toile, la viralité d’une information assoit souvent la légitimité d’une rumeur aux yeux (et à la barbe) des internautes. La preuve indéniable de son exactitude s’avère souvent être sa (re)connaissance par un grand nombre de consommateurs, et non les éventuels démentis de la société mise en question. Victor Hugo clamait d’ailleurs « la rumeur approche, l’écho la redit. ». Car l’inconscient collectif se persuade que l’on ne peut pas se tromper ensemble. Même un 1er avril.

Mais finalement, comment reconnaître une information fiable d’un épisode affabulatoire ?

Pour nous aider dans cette tâche, des plateformes comme le site « Hoaxbuster » proposent heureusement de répertorier et de signaler ces canulars qui défilent sur la toile. Un moyen de prévention et d’entraide pour ne pas se fourvoyer inutilement dans l’excitation du moment, et qui n’est pas sans rappeler les avertisseurs de radars.

Pour les enseignes, il est logiquement conseillé d’être sensibilisé à ces risques. Car même si elles ne génèrent pas toutes des émulations hypothétiques, personne n’est à l’abri d’une rumeur. Si malheureusement le cas se présente, il faut miser sur la réactivité et la transparence pour éradiquer le virus à sa source. En menant une investigation autour des prémisses de la rumeur, l’entreprise peut rapidement prendre la parole pour dégonfler l’abcès à temps. Par exemple, suite à l’apparition d'une photo choquante mettant au cause la multinationale Mcdonald, la franchise avait promptement annoncé qu’il s’agissait d’un montage publié l’année dernière par un internaute. Une faille balayée d’un revers de balais, même si Ronald a du rire jaune le temps d’un instant. Cet exemple démontre également que la vigilance doit être continue. Le web est une mémoire bien vivante, et de vieux démons peuvent de nouveau frapper à la porte sans crier gare.

Si l’entreprise prend le wagon trop tard, il est souvent difficile pour elle de museler la rumeur, voire de la détruire. Car au-delà de la curiosité parfois malsaine ou du voyeurisme pervers, une rumeur déjà lancée génère surtout le doute. Et quand le doute est permis, tout est imaginable.

C’est pourquoi lors de rumeurs persistantes, on note régulièrement la croissance d’enquêtes dignes de ce cher Colombo autour d’autres potins liées à l’enseigne ou aux produits désignés. Cette excitation témoigne de l’exploitation d’une capitalisation attentionnelle autour de cette actualité. Le succès d’une rumeur légitime souvent un débat autour des thématiques sous-jacentes. La société doit donc suivre de près la naissance de rumeurs à son égard.


Conclusion

Après avoir lu ces « quelques lignes », vous commencez peut-être à regarder l'usage des deepfakes différemment. Mais la technologie qui nous entoure peut être manipulée à notre guise, parfois pour le meilleur. Comme cette petite campagne maligne où Trump annonçait avoir trouvé un vaccin contre le sida. Il serait donc hypocrite de clamer que la rumeur est la tumeur de l’informatisation ? La rumeur représente avant tout la manifestation visible des avis des internautes. il faut s’y faire. De plus, une rumeur en chasse rapidement une autre. Les trendings topics ne durent souvent que quelques heures.


Ce qui est dommage, c’est que pendant et après une rumeur, les consommateurs se posent rarement les bonnes questions. Lorsque des problèmes de sécurités sont pointés du doigt comme avec les données personnelles sur Facebook, les internautes blâment l’outil et ses fonctionnalités, mais rarement leur propre comportement. Pourtant, personne ne les a obligés à créer leurs contenus, ils l'ont fait de leur plein gré. Au final, les pratiques évoluent rarement, ce qui peut laisser place à la réédition du problème et indirectement de la rumeur. La vérité ne se défend pas toute seule.

Et si nous prenions un peu de recul avant de partager une information ?

Si vous souhaitez aller plus loin, je vous conseille de lire cet essai autour de l'influence des émotions dans le traitement et la diffusion d'un message, ou bien cet article traitant de la relation entre les réseaux sociaux et les rumeurs. Comme ça vous me direz ce que vous en pensez, j’avoue avoir survolé ces documents pour ne pas être influencé par leur contenu, ce qui aurait pu orienter mon discours.

Que pensez-vous de tout cela ?